Archives de Tag: folk

Blue States – Sum of the Parts (2009)

Surtout n’achetez pas cet album car vous risquez d’en devenir fou. Evoluant entre Pink Floyd, Portishead et Air, Blue States propose une approche multi-instrumentale sur une base downtempo à couper le souffle, le genre de pistes que l’on passe en boucle… Sum of the Parts est une collection de plages musicales sorties seulement en vinyles et autres raretés. Cet album a la particularité d’être classé dans l’ordre chronologique depuis le pionnier Blue States Forever jusqu’à la dernière sortie, en l’occurrence Down the Days.

Lorsque le premier album est sorti en 2000, Blue States se résumait à son fondateur, Andy Dragazis. Ce premier opus était la résultante d’un travail acharné mené pendant trois ans où Blue States a sorti cinq singles. Flirtant habilement avec les années 70, l’album présente des pistes de folk atmosphériques, voire légèrement oppressantes. Issu de Nothing Changes Under the Sun, Diamente est fantastique avec des progressions d’accords sublimes, des cordes subtiles et de petits gimmicks bien funky qui viennent vous donner envie de sourire. Pour sa part Shuffle Trainer est une belle pièce de musique apaisante. Un des moments de bravoure est Your Girl pour son côté décontracté et moelleux, comme pour Goldfrapp, on s’attend à voir surgir Ennio Morricone et ses thèmes millimétrés au détour d’une mélodie.

Le groupe est ensuite enfin devenu groupe et a gagné en maturité, le son évoluant vers le psychédélique avec Man Mountain. Ce n’est pas un album sur lequel on se précipite, mais il se bonifie avec le temps. On y trouvera certaines pistes inoubliables et d’autres non. Nouveauté : plus seulement du quasi instrumental, mais de vraies chansons. On retiendra What We’ve Won pour sa structure et Season Song rappelant Another Brick in the Wall, et utilisé dans le film 28 jours plus tard lors de la séquence finale dans l’avion.

L’apogée hypnotique est atteinte avec le troisième album The Soundings, qui fait pourtant preuve d’une ambiance quasi anti-électro. En effet Blue States, en visant une audience plus large, sonne nettement comme un groupe tirant vers le rock psyché et non plus comme un combo electro. Les compositions restent intelligentes et le chant s’intègre parfaitement bien en jouant un rôle de pivot dans les émotions suscitées à l’écoute. L’instrumental One Night on Tulane a un arrangement electro intriguant accompagnant une jolie mélodie, auxquels se mêlent des cuivres rappelant les expérimentations du premier album. Cette piste mène à The Last Blast au chant nettement folk, et Output un autre instrumental assez obsédant, deux titres consécutifs au coeur de l’album qui concentre l’intérêt de cet opus.

Coup de théâtre en 2007 avec la sortie du quatrième et dernier album en date, First Steps into… signe le retour d’un Andy solitaire retournant aux racines de son glorieux passé de one man band. Allies, joliment soigné, est une intro indéniablement signée Blue States. Une légère voix aérienne posée sur le rythme et le voyage commence. Il est suivi par First Steps… Last Stand, de belles images, une chanson à écouter si vous êtes en déplacement ou si vous découvrez quelque chose pour la première fois. Le rythme est impressionnant et la mélodie épurée. The Electric Implement vous rappellera quelques morceaux de Nothing Changes Under the Sun, comme le lumineux Spit & Soar. Mais l’inoubliable restera Look To Your Laurels, très accrocheur et diablement précis.

Un nouvel opus de Blue States est prévu dans un temps futur, on ne sait rien de plus…

C’est difficile de définir un genre pour cette formation… Ce n’est pas vraiment chill-out, tout ne relève pas de l’electro, ni de l’alternatif… Blue States a son propre son. Vérifiez par vous-même !

Blue States fait partie des groupes qui ont décidé de grandir et d’évoluer. Cette sortie de Sum Of The Parts, une collection de faces B et de raretés est une belle occasion de découvrir le parcours de ce groupe méconnu. Album seulement disponible sur iTunes


Nicole Atkins – Mondo Amore (2011)

Ce serait un monde terne et vieux si chaque album d’un artiste était exactement le même que le précédent. Mais le problème pour Nicole Atkins est que le précédent s’appelle Neptune City et qu’il est excellent, encensé par la critique de façon unanime, envoyant des émotions à tout va et présentant des mélodies finement ciselées. Il fallait donc faire quelque chose de significativement différent pour tenter de surpasser ce début plus que prometteur.


La voix de Nicole est toujours étonnante, que dis-je profonde et envoûtante ! Les arrangements sont sublimes, les compositions méticuleuses et les musiciens… vrais ! L’ensemble mixant le blues, la country et le rock est très frais, original, tout en étant musicalement authentique. N’essayant pas de paraître neuf, juste étant neuf.

Comme Neptune City, Mondo Amore sonne mieux après une seconde écoute. Cependant ses mélodies n’égalent pas la classe de The Way It Is ou Cool Enough, en fait on peut difficilement s’accrocher à une quelconque mélodie… Neptune City louchait parfois vers la pop girly, là ce n’est plus le cas du tout. Ma meilleure description serait qu’on se sent un peu comme après avoir écouté Lucinda Williams pour la première fois, c’est accrocheur sans être bubble-gum… Le ton est cru, et les paroles, magiques, sont très personnelles. Et ce n’est pas un hasard, Nicole Atkins connut une période difficile pendant la production de Mondo Amore, de nombreuses ruptures à la fois professionnelles et personnelles ne sont pas étrangères à cette plongée dans une psyché tourmentée. Souvent les émotions accompagnant les évènements de la vie font germer d’incroyables oeuvres d’art, et c’est exactement ce qu’est cet album.

Depuis que les claviers ont remplacé les instruments et que les majors préfèrent fabriquer des groupes plutôt que de les signer, la musique intelligente se fait rare, et les artistes d’avenir encore plus rare ! Nicole Atkins est unique, une pépite dans une étendue de prêt-à-écouter. Si quelqu’un ayant travaillé sur ce disque lit ceci, vous avez restauré ma foi en la musique !


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