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Music from the Silver Factory

La Factory, la « fabrique », se devait d’être cet endroit où on entre anonyme et d’où on sort « Superstar » selon la terminologie de Warhol. Après avoir investi une ancienne caserne de pompiers, Andy Warhol installe son atelier au 231 quarante-septième rue est. Il commence ici à réaliser des portraits dans des photomatons de ses amis et clients. Billy Linch tapisse l’intérieur du studio de peinture argentée et de papier aluminium, donnant naissance à la Silver Factory.

De 1964 à 1968, Warhol se focalise sur les débordements des habitués hauts en couleur de son atelier. Drag-queens et superstars excentriques du monde du théâtre telles que Mario Montez, Joe Dallessandro, Candy Darling ou Ultra-Violet sont invités à se mettre à nu devant la caméra voyeuriste de Warhol. La plus grande star ainsi produite est Edie Sedgwick, archétype de la superstar warholienne, qui deviendra la complice de Warhol pendant sa conquête de la vie nocturne new-yorkaise des années 60. Edie Sedgwick, jeune femme nature et naïve, sujet de nombreux films et photos de Warhol, lequel la considéra comme son double en femme. Edie Sedgwick ne fit rien d’autre dans la vie que la fête avec ses amis. Et pourtant dans l’esprit du monde entier, c’est Edie Superstar, icône des sixties américaines au même titre que Morrison ou Dylan. Ne rien faire est encore le meilleur moyen de ne pas entacher sa propre gloire. Un film de George Hickenlooper, Factory Girl, non sorti en France, retrace la vie de cette riche et belle jeune femme, muse d’Andy Warhol, artiste débutant en mal de reconnaissance au moment de leur rencontre, qui deviendra une icône du milieu underground… et y perdra son âme.

La Silver Factory devient vite le lieu à la mode et attire toutes sortes d’individus, créant un mélange d’artistes hippies et jet-setters, abolissant les distinctions sociales. L’esprit portes ouvertes et underground de la Factory favorise en 1964 l’intrusion d’une femme, qui tire sur les toiles de Marilyn. Quatre années plus tard Warhol lui-même sera pris pour cible et grièvement blessé par Valerie Salanas, fondatrice et unique membre du Scum Manifesto (SCUM : Society for Cutting Up Men, pas la peine de traduire).

La Factory devient un lieu de rencontre pour les musiciens de divers horizons tels que Bob Dylan et Mick Jagger pour lequel Warhol dessina la pochette de l’album Sticky Fingers des Rolling Stones. Mais Warhol devint surtout le manager du groupe de Lou Reed en 1965, The Velvet Underground, il est d’ailleurs l’auteur de la célèbre pochette à la banane.

Andy Warhol et sa Factory ont amené un style de vie basé sur l’expérimentation du paraître au-delà de l’art. Insistant sur la liberté sexuelle et l’expérimentation des drogues dures, ils ont été considérés par le reste du monde comme moralement corrompus. Le Velvet Underground a chanté ce genre de style de vie avec aucune honte à travers leurs chansons. Par exemple, Venus In Furs est sur le sado-masochisme, I’m Waiting For The Man parle de Lou Reed attendant son dealer de drogue, et Sister Ray, peut-être leur chanson la plus bizarre, parle d’un homme tué, de drag-queens et de marins…

Début 1968, Warhol transfère son empire au 33 union square ouest. Et en 1974, la Factory devient l’Office lors de son déménagement au 860 Broadway, changement de nom, changement d’ambiance.

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