Archives de Catégorie: Mode

Federico Sangalli – Les mirages du désert

Federico Sangalli est un jeune designer à la tête de la maison Sangalli, historique atelier de haute-couture milanais. Ses choix font toujours la part belle à des géométries élégantes autant qu’originales, des choix méticuleux et soignés dans une approche totalement artisanale.

La collection printemps-été 2011 de Federico Sangalli est un hommage au désert et à ses changements constants, sa nature trouble entre l’être et le paraître, la métamorphose de la forme et de la matière.

Les couleurs sont comme ils se doit des nuances de terre, de sable baigné par l’oranger brûlant du soleil et bien entendu les eaux bleues de l’oasis. Les tissus font la part belle à la soie lavée, et à la maille crochet façon raid. Les silhouettes sont furtives, insaisissables, apportant une note sensuelle et sinueuse, comme les dunes dans le désert, toujours mouvantes et en devenir.

Federico Sangalli avec la chorégraphe Susanna Beltrami ont mis en scène pour la présentation de la collection un véritable spectacle qui dépeint la mort et le dépassement de soi à travers la mode aujourd’hui : les modèles, presque zombies, à l’agonie, sont ramenés à la vie par des danseurs et accompagnés dans leur progression, une renaissance grâce à l’énergie et l’amour des autres. Les maquillages des modèles, d’une sobriété rare dans ce genre d’évènement symbolisent le monde de la mode sans âme, qui attend d’être réactivé. Le défilé à eu lieu dans un lieu insolite : la mode n’est en effet plus sur les podiums, mais au sein d’espaces post-industriels, ici en l’occurrence l’ancienne usine milanaise Macchi, un nouveau concept de spectacle pur, abolissant les frontières entre la mode et la danse, et créant de nouvelles passerelles entre les arts, la communication et la mode.

Publicités

JC de Castelbajac… Rock’n Love expérimental

Si les ponts entre l’art et la mode sont de plus en plus nombreux, Jean-Charles de Castelbajac y est pour quelque chose. Tout a commencé avec les robes-objet au début des années 80. Celles-ci s’inscrivaient dans la lignée du pop art dans sa définition la plus crue : l’objet et la société de consommation mis en exergue. Le sujet devient le quotidien, comme le fit Andy Warhol avec sa boîte de soupe Campbell. Castelbajac lui rendra hommage avec la robe boîte de soupe directement inspirée de ce tableau.

Mon idée première quand j’ai commencé à faire des recherches pour cet article, c’était plus du genre « je ne sais quoi penser de Castelbajac » pour faire très diplomate, en clair « on va enfin se payer une bonne tranche de rigolade sur ce blog ». J’ai changé d’avis. Je ne dirais pas que j’adhère au style, mais je le comprends mieux. Le style Castelbajac ne cherche pas l’élégance contrairement à la plupart des grandes maisons. La philosophie Castelbajac relèvent de l’insolence, quitte à rendre les collections peu portables. Une philosophie de la couture qui le rapproche plutôt de Comme des Garçons (version insolence glam) ou Garreth Pugh (version insolence glauque). Ses robes portent toutes les marques de fabrique de la maison : lignes simples et couleurs vives. Par leurs coupes, les collections revisitent régulièrement les grands classiques historiques.

Les photos suivantes représentent une sélection des pièces les plus décalées du créateur au cours des dernières années. Expérimental et misant tout sur la créativité, j’avoue ne pas trop savoir si c’est de l’art brut ou s’il y a une finalité vestimentaire, en tout cas c’est dans certains cas bien poilant !

Regarde moi dans les yeux ! Non, les autres...

Collaro ne va pas être content...

Gros chat'ka, très color block tout ça

L'hommage au maître spirituel

Comment ça les tops sont anorexiques ?

Pour être admirée, on n'est jamais mieux servie que par soi-même

Battlestar Galactica 1980, rappelez-vous...

Euh, y'a un message caché ?

Mais Jean-Charles de Castelbajac, ce n’est pas que cela, et je le prouve avec la collection Automne-Hiver 2011/2012, à condition d’adorer les plaids à carreaux écossais tartans. Des manteaux en drap de laine et cachemire côtoient un paletot à chevrons ou un perfecto en tweed de laine au col roulé comme une couverture… Bref, de belles pièces d’hiver… Ouf.

En réaction aux multiples copies qu’elle subit, la maison approche désormais un public plus jeune, avec la deuxième ligne intitulée JC/DC, on appréciera le clin d’oeil rock ! Elle propose des vêtements pop, colorés et inspirés des cartoons à des prix plus abordables que la ligne principale, En deux mots un luxe qui rime avec démocratie selon le créateur. La première collection intitulée Punkahontas and the ducks a été lancée il y a tout juste un an, tout un programme. Pour sa deuxième saison, la ligne a choisi les personnages de South Park comme porte-drapeau, sous le thème Holly boys and naughty girls.


Andrew GN – La couture version Art Déco

Le singapourien Andrew GN a fondé sa maison il y a une quinzaine d’années après avoir officié en tant que directeur artistique pour la Maison Balmain, et s’est évertué à redéfinir une garde-robe épurée et efficace à la fois ancrée dans la terre mais faisant preuve également de légèreté aérienne et déconcertante, rappelant les principes de l’Art Déco.

Si vous naviguez sur tout bon moteur de recherche, vous trouverez que ses influences viennent de Pierre Chareau, qui fut avec Le Corbusier l’un des premiers architectes modernes, et Kathleen Gray, artiste connue pour ses luxueuses finitions laquées sur des meubles d’esthétique Art Déco. Sans doute mais j’avoue ne pas assez connaître ce domaine pour établir ce lien de parenté.

Cependant pour abonder dans ce sens, on note que le créateur fait très souvent appel d’une part à la rigueur de matières structurantes que sont le satin, la laine ou la fourrure et d’autre part à des matières aériennes, presque diaphanes telles que la soie ou la popeline. Le résultat est une silhouette sculptée et féminine, et totalement en action.

La collection automne-hiver 2011/2012 se décline dans une palette sobre et s’attarde sur le haut du corps, la plupart des tenues proposant de simples pantalons slim. Les hauts sont bien plus travaillés et montre une méticulosité rare au niveau des finitions, à noter tout particulièrement les cols rebrodés. Andrew GN fabrique pour l’essentiel en France, et l’ensemble des broderies, boutons et autres détails sont des créations originales de ses ateliers.

Ses robes de grand soir si chères à Andrew GN jouent la carte du métal et du plissé. Elles sont, encore une fois, inspirées par les vestales grecques en jouant la longueur, l’asymétrie avec une bretelle unique sur l’épaule, le drapé ou la force d’un buste bijou à l’aide d’un sage usage des sequins et autres cristaux qui souligne la poitrine et enserre le cou.

En quelques mots comme en cent : une collection simple, portable, riche et raffinée. Andrew GN ne sera jamais un créateur minimaliste, et bien que ses collections ne répondent pas aux critères officiels de la haute couture, cela ne l’empêche en rien d’incorporer à son travail nombre d’éléments qui en sont issus.

Je ne peux résister à mettre un aperçu de la collection printemps-été 2011… Elle est percutante en couleur, mais pas tape-à-l’œil. Andrew GN soigne encore une fois les détails, notamment sur les chaussures pour lesquelles il fait appel à Christian Louboutin. Nous remarquerons notamment les « Super Dombasle » (Arielle est une amie de Christian), des compensés en bois.

Andrew GN est non seulement un couturier reconnu, mais également un collectionneur du grand 18e au pur 19e, des bronzes aux porcelaines chinoises, des broderies, des soieries, du mobilier Louis XV à celui de Madeleine Castaing. Son show-room, « Le Salon », situé dans un hôtel particulier du Marais, est décoré d’oeuvres d’art du 19ème et début 20ème siècles collectionnés au cours des années. Le faste de ce lieu d’exception est magnifié par deux lustres de Murano provenant d’un palais de la famille Doria Pamphili ou par d’incroyables panneaux laqués.


Miriam Ocáriz, pop fashion designer

Dans la mode espagnole nous connaissons Ágatha Ruiz de la Prada et Andrés Sardá, moins Miriam Ocáriz. Originaire de Bilbao, Miriam Ocáriz est diplômée en tehniques graphiques de l’Université du pays basque. Etant étudiante elle s’est livrée à de nombreuses activités afin de compléter sa formation, parmi lesquelles l’art graphique, la photographie et la conception de motifs assistée par ordinateur.

Miriam Ocáriz a présenté sa première collection individuelle lors de la Gaudí Fashion Show à Barcelone en 1996. Depuis, elle a pris part à des événements de la mode nationaux et internationaux, gagnant une réputation solide comme l’un des designers espagnols les plus prometteurs. La preuve en est le fait qu’elle a reçu le Prix L’Oréal du meilleur jeune designer en Février 2002.

Disponible dans différents pays, les designs de Miriam Ocáriz sont connus pour leur références constantes au monde de l’art. Tous les motifs imprimés sur ses vêtements sont uniques et sont inspirés par une multitudes de tendances artistiques telles que l’expressionnisme, le pop art, l’art conceptuel, ainsi que par ses propres expériences personnelles.

Tous les dessins sont sérigraphiés, ce qui ajoute une touche d’exclusivité à chaque vêtement. Dans certains cas, par exemple les t-shirts, la sérigraphie est combinée à des conceptions peintes à la main.

Miriam Ocáriz ne cherche pas à définir un cadre rigide pour son travail, ni ne pense à une personne en particulier lors de la conception, son travail consiste à utiliser les vêtements comme un moyen d’expression et de la communication, cela par la création d’un équilibre entre les tissus, les formes et les dessins.

Extrait de la collection printemps-été 2011 :


Focus sur les faux-culs

 

Je parle bien entendu de l’accessoire de mode, aussi appelé « tournure », qu’alliez-vous imaginer ? Bref les modeuses sont elles prêtes pour un bal des faux-culs ?

 

On ne va pas faire l’historique de cette pièce aussi étrange qu’ayant eu une heure de gloire très brève à la fin du 19ème siècle… On en retiendra un accessoire typiquement victorien.

La forme créée entraîne une représentation idéalisée de la femme, à la fois exagérée et cachée par les structures de la parure.  Les tournures ne sont plus guère portées de nos jours . De notables exceptions sont à signaler dans le milieu du cinéma, on se souviendra du Dracula de Bram Stoker (1993) mettant en scène la très élégante Winona Ryder et la trop discrète Sadie Frost, Eiko Ishioka remporta un Academy Award pour ces créations.

 

Ce qu’il y a de nouveau, ce sont les apparitions dans le domaine de la couture.

C’était le cas il y a quelques jours chez Dior :

On se perd à essayer de comprendre les drapés savants imaginés par l’esprit torturé de John Galliano !

 

L’été dernier, Jean-Paul Gaultier imaginait une femme portant un fourreau bleu avec des seins coniques, un faux cul et une pochette en fourrure noire selon ses dires…

 

Et dans la rue ça donne quoi ? 

 

Lots of love !

 

 


%d blogueurs aiment cette page :