Decoding Roy Lichtenstein – Episode 2 : Technique

Croquis pour Nudes with Beach Ball - Mine de plomb sur papier, à noter la source du tableau : une case d'un comics pour filles nommé Girls' Romances

 

Roy Lichtenstein est sans doute le peintre dont les oeuvres ont été les plus reproduites, bien plus que Warhol ou celles d’autres figures du pop art. Cette approche qu’il avait du mimétisme mécanique, du « fait machine », était une métaphore de la communication de masse et de ses procédés.  Il semble donc normal que ses toiles retournent à leurs origines après leur reproduction et surtout leurs améliorations.

Lichtenstein élaborait des méthodes de travail complexes et manuelles, dont le seul objectif était de dissimuler ce processus, gommer les différentes étapes de la création. Ce but était atteint en donnant une ressemblance troublante avec l’original, plus vrai que nature en quelque sorte.

Je vais tenter d’exposer clairement les différentes étapes de la création de ses plus célèbres toiles, sachant que l’artiste était dans une démarche permanente de modification et de perfectionnement de sa technique.

L’art de Roy Lichtenstein semble clair, mais curieusement il est souvent difficile à atteindre. Ceci fait écho à ses deux facettes, un visage public mais une sphère privée plus importante encore et protégée. Son travail est à la fois une critique et un hommage vis-à-vis de notre société. Les couleurs fortes et les traits appuyés renvoient notamment aux conventions de la société et à ses limites. Quand on regarde le résultat final, il semble si facile, si simple et impersonnel que le spectateur ne se demande jamais pourquoi il procure cette sensation.

A partir des croquis, dessins et collages, il est possible de déduire une sorte de trame de travail se retrouvant tout au long de ses oeuvres datées des années 70 à 90.

 

 

Tout commence par le dessin aux crayons de couleur, à l’ancienne, si si, avec force utilisation de calques pour essayer différents tons de couleur. Ce dessin était photographié et transféré sur diapositive, celle-ci étant ensuite projetée sur un support en carton à l’échelle 1/2 par rapport aux dimensions finales voulues (souvent immenses). L’artiste redessinait alors l’image au crayon en la modifiant légèrement et en la perfectionnant. Les parties colorées étaient à ce moment découpées dans du papier de couleur et apposées au moyen d’adhésif sur le carton.

Dessin pour Nudes with Beach Ball - Mine de plomb et crayons de couleur sur papier

Collage pour Nudes with Beach Ball - Ruban adhésif et papier coloré sur carton

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il utilisait à nouveau le système des diapositives en projetant la photo du collage, à l’échelle cette fois, sur la toile préalablement passée à l’apprêt blanc et à la pierre à plâtre (Liquitex Gesso). Le transfert de l’image du collage se faisant ensuite à la mine de plomb.

Préalablement à la peinture il redessinait les contours avec de l’adhésif appliqué au mieux grâce à un médiator. La trame de points sur les zones adéquates était effectuée à l’aide d’un pochoir, la peinture utilisée brute au sortir des tubes. Les zones de couleur sont peintes grâce à l’application d’un masque pour délimiter les zones, la peinture utilisée était toujours de l’acrylique (dont la fameuse Magna, voir dans le premier article). La couche sous-jacente blanche et la peinture à l’huile (dont plusieurs couches étaient appliquées, la première étant diluée pour moitié dans de la térébenthine) étaient mates contrairement aux contours utilisant de la peinture noire qui devenait brillante après avoir été diluées dans un médium 100% brillant. Le séchage entre les couches était très long pour éviter les craquelures.

Nudes with Beach Ball - 1994 - Huile et Magna sur toile, 301 x 272,4 cm

Lichtenstein signait et datait au verso avec un fusain fixé avec un aérosol.

Un mot sur Nudes with Beach Ball : cette toile est censée renvoyer à Girl with Ball (1961), cependant ces deux oeuvres sont très différentes par leur composition, la seconde appartient et est typique de la période « phylactère » de Lichtenstein alors que Nudes est un pur produit de la période « muette » caractérisant son travail après 1970.  Cependant elles partagent de larges zones tramées et des surfaces de couleur planes, ce qui est illogique. L’artiste avouera une référence au surréalisme de Picasso pour l’utilisation de ce procédé.

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